Le boom des boissons sans alcool : une bonne nouvelle pour la santé publique, avec des points de vigilence

Le boom des boissons sans alcool est une excellente nouvelle pour la santé publique. Ce qui était encore impensable il y a dix ans devient une tendance forte : les consommatrices et les consommateurs sont de plus en plus nombreux à rechercher des boissons "NowLow" (=sans alcool ou à faible teneur en alcool) avec l'envie de se faire plaisir sans nuire à sa santé. De plus en plus de boutiques spécialisées ouvrent leur porte, comme en témoigne cette carte de France des caves sans alcool (Source). Ne pas boire d’alcool n’est (presque) plus tabou. Bientôt, peut-être, plus personne ne regardera de travers celles et ceux qui refusent un verre à l'apéro ! On y croit ?
La campagne inter-associative du Défi de Janvier n'est certes pas étrangère à ce changement. Saluons le plaidoyer réalisé par les assos d'addicto et les citoyen.ne.s mobilisés dans les médias et les réseaux sociaux. Beau travail ! Voici que les acteurs économiques s'emparent du marché, contribuant à leur manière à dénormaliser l'alcool. Bienvenus à eux dans le moov' ! Trois points de vigilance toutefois :

1) Attention aux messages envoyés aux mineurs. Comme le rappelle l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les enfants et les ados ne devraient pas être exposés au marketing des boissons sans alcool lorsque celles-ci reprennent les codes classique de communication du secteur alcoolier, comme par ex le vin désalcoolisé, la bière 0 ou encore le "Champagne des petits".

2) Vigilance pour les femmes enceintes : certaines boissons présentées comme sans alcool en contiennent en réalité un peu, car la règlementation autorise l'usage de cette mention lorsque la teneur est inférieure ou égale à 0,5%. Le kombucha, par exemple, contiendrait un peu d'alcool et ne devrait donc pas être consommé durant la grossesse. Il convient donc de bien vérifier que la boisson est réellement sans alcool.

3) Prudence également, pour la même raison, pour les personnes présentant un trouble de l’usage en rétablissement. Attention aussi car l’exposition aux boissons sans alcool (même à zéro) évoquant l’univers de l’alcool génère chez certaines d’entre elles une envie de boire, voire des cravings. Ces produits ne sont donc pas adaptés à toutes et tous.

En conclusion, pour les personnes qui cherchent à diminuer leur consommation d'alcool, dans une optique de réduction des risques, ou tout simplement qui ont envie d'autre chose que d'éthanol, c'est chouette de voir enfin des alternatives émerger, et les représentations évoluer. Prêt.e.s pour un nouveau tour de France ?

Pour en savoir davantage, et consulter les sources scientifiques :

L’idée clé No 68 de Sa première cuite, intitulée “L’alcool pour de faux: pas pour les ado” (pages 201-202) porte directement sur ce sujet

Autres idées-clés en lien avec le thème:

No 65 : “Zéro alcool pour les mineurs” (pages 191-194)

No 67: “Rendez les boissons sans alcool attractives” (pages 197-200, inclant des recettes de boissons sans alcol )

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